Soins palliatifs
En soins palliatifs, la présence de l’animal ne vient pas ajouter une activité au parcours de soins; elle crée un autre accès à la personne.
Lorsque le corps change, que les traitements occupent une grande place et que les mots deviennent parfois plus difficiles à trouver, l’animal peut ouvrir un espace différent : plus simple, plus direct, moins exigeant. Sa présence invite au contact, au souvenir, à la tendresse ou simplement au silence partagé. Elle permet parfois à la personne de se déposer autrement, sans avoir à expliquer ce qu’elle vit.
L’intervention prend tout son sens lorsqu’elle s’inscrit dans une véritable collaboration avec les proches et l’équipe soignante. La famille connaît l’histoire, les habitudes, les repères, les blessures et les attachements de la personne. L’équipe, de son côté, observe son état clinique, ses besoins et les changements qui surviennent au fil des jours. En réunissant ces regards, il devient possible d’offrir un accompagnement beaucoup plus fin, cohérent et profondément personnalisé.
Infirmière depuis douze ans et engagée depuis plusieurs années en soins palliatifs, je connais la réalité des personnes en fin de vie, mais aussi celle de leurs proches et des équipes qui les entourent. Mon expérience me permet de comprendre rapidement ce qui peut être soutenant, ce qui doit être ajusté et ce qui mérite d’être accueilli avec davantage de délicatesse. La zoothérapie s’intègre alors aux soins avec discernement, dans le respect du rythme, de la fatigue, de la douleur, des préférences et de la condition de la personne.
Pour aller encore plus loin dans cette approche, un questionnaire d’histoire de vie peut être rempli par la personne elle-même ou par sa famille. Ce document permet de mieux connaître ce qui l’a construite : ses liens, son métier, ses animaux, ses souvenirs, ses passions, ses habitudes, ses valeurs et les gestes qui lui apportent du réconfort. Il rappelle qu’au-delà du diagnostic et du dossier médical, il y a une personne entière, avec une histoire qui mérite d’être reconnue jusqu’au bout.
Cette attention portée à l’ensemble de la personne transforme l’accompagnement. Elle soutient la continuité entre ce qu’elle a été, ce qu’elle vit maintenant et la manière dont elle souhaite être entourée. Elle peut aussi offrir aux proches des moments significatifs qui resteront, bien après la rencontre.
En soins palliatifs, la différence se joue souvent dans les détails : une main qui se détend, un visage qui s’apaise, un souvenir qui revient, un échange qui devient possible ou un soin qui se déroule avec plus de douceur. C’est là que la présence animale, lorsqu’elle est intégrée avec compétence et humanité, peut devenir profondément précieuse.
Ce que la zoothérapie peut soutenir
• Donner place, exprimer et valider le sentiment de perte de contrôle vécu au cours du processus de fin de vie.
• Permettre l’expression de l’état émotionnel face au processus de fin de vie.
• Offrir un espace sécurisant pour partager les événements marquants de l’histoire de vie et du parcours de soins.
• Favoriser la libération émotionnelle et l’apaisement, notamment par des signes de paix, de retour au calme et de réconfort chez la personne en fin de vie, ses proches et le personnel soignant.
• Créer des moments d’ancrage positifs pour la personne en fin de vie et ses proches.
• Collaborer avec l’équipe interdisciplinaire afin de favoriser une meilleure prise en charge des besoins de la personne en fin de vie et de ses proches.
• Participer à la recherche de sens, d’espoir et de bien-être tout au long du processus de fin de vie et du deuil.
• Faciliter les soins d’hygiène ainsi que les autres soins.

